Où est passée la déontologie journalistique ?

La Fédération réagit à l’article paru sur Slate.fr

La journaliste Laure Dasinières a commis un article paru le 5 janvier 2021 sur le site internet Slate.fr. Cet article présente une image choquante et diffamante de la Pédagogie Steiner-Waldorf en France, et nous souhaitons, par ce communiqué, rétablir la vérité sur plusieurs points.


La pédagogie Steiner-Waldorf a pour valeurs centrales la bienveillance et le respect de l’enfant : non, les cours de récréation ne sont pas des lieux de violences où la maitresse « jouerait de la flûte pendant que des enfants se déchirent ». Comme dans toutes les écoles, il peut arriver qu’il y ait de la violence, comme dans toutes les écoles, l’équipe pédagogique intervient et s’occupe des victimes, convoque les parents, réagit, informe sur le harcèlement et sur les violences.

Pour opérer une telle falsification de la réalité, Laure Dasinieres donne la voix à 3 témoignages dont un pédagogue n’exerçant plus au sein d’un établissement Steiner-Waldorf depuis plus de 20 ans et deux parents dont l’un d’entre eux venant d’une école qui a perdu son label Steiner-Waldorf… Fort curieusement ou à dessein, la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf ou même une école en France n’a pas été invitée à réagir à ces accusations calomnieuses, comme le préconise la déontologie journalistique. Cela aurait permis de mettre face à ces quelques témoignages les centaines d’anciens élèves et anciens parents qui témoignent d’une réalité bien étrangère à celle décrite dans cet article. Pour compenser ce manquement, la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France propose ici 100 témoignages (http://steiner-waldorf.org/temoignages-anciens-eleves/) en France, non-anonymes et récents.

Depuis plusieurs années un groupe de détracteurs écrit régulièrement des articles virulents avec l’intention de nuire à la réputation de la pédagogie Steiner-Waldorf. Ce groupe est porté par monsieur Grégoire Perra qui a dû quitter ses fonctions d’enseignant dans une école Steiner suite à de graves manquements à la déontologie, en particulier, le signalement d’attouchements à caractère sexuel sur une élève mineure, confirmés par ses propres aveux écrits, chose totalement inacceptable, comme la violence l’est tout autant. En savoir plus : https://www.redacteur-independant.ch/2019/07/11/limposture-gregoire-perra/

Contrairement à ce qui est décrit dans l’article, les écoles Steiner-Waldorf permettent aux enfants de développer leur créativité et d’apprendre à coopérer, les amenant à vivre diverses expériences, et à s’impliquer dans leur environnement proche. La pédagogie Steiner-Waldorf ne fait pas de distinction de race ou de religion, les enfants sont encouragés à rencontrer d’autres cultures, d’autres systèmes de croyance afin de forger leur expérience du monde, sans à-priori, avec empathie et bienveillance comme viennent de le faire les élèves des classes de collège de l’école de Colmar en réunissant des denrées alimentaires pour les restos du Coeur afin d’aider des familles en difficulté (https://www.lalsace.fr/education/2020/12/19/les-eleves-veulent-feter-noel-autrement).

Pour approfondir les fondements de la pédagogie Steiner-Waldorf, nous renvoyons aux travaux de Loïc Chalmel, enseignant chercheur en sciences de l’éducation et directeur de laboratoire à l’Université de Haute Alsace, qui a travaillé sur la pédagogie Steiner-Waldorf dans la perspective d’une pédagogie de l’autonomie et qui partage dans une interview son point de vue : « Tout d’abord, la pensée de Steiner n’a rien de doctrinaire ou de sectaire. Son projet, développé notamment dans le livre La Philosophie de la liberté, cherche au contraire à libérer l’être humain, à le rendre libre et autonome dans sa pensée, dans son existence et dans sa façon de communiquer avec ses semblables. Tous les ingrédients d’une forme de désaliénation s’y trouvent en fait réunis. Penser que Steiner voulait endoctriner des individus pour qu’ils deviennent des agents de sa pensée est donc faire preuve de dilettantisme. »

Les établissements Steiner-Waldorf sont connus et reconnus à travers le monde avec 23 établissements en France, mais également plus de 2000 établissements à travers le monde (jardins d’enfants et écoles). Ces établissements sont tous indépendants et autonomes sous l’égide de fédérations nationales qui garantissent le respect du label Steiner-Waldorf, qui inclut notamment la non-violence et la bienveillance.

Le racisme n’est pas une réalité dans la pédagogie Steiner-Waldorf, sauf pour ses détracteurs, car les fondements mêmes de la pédagogie Waldorf, telle qu’elle a été proposée par Rudolf Steiner, au début du 20e siècle, sont humanistes et ouverts à toutes les cultures : c’est d’ailleurs pour cette raison que des écoles Steiner-Waldorf ont pu fleurir partout dans le monde, en intégrant à chaque fois les cultures locales : Afrique, Asie, Amériques, Magreb, Israël. En Afrique du Sud, les écoles Steiner-Waldorf ont été les premières durant l’apartheid à lutter contre les discriminations raciales (https://www.michaelmount.co.za/about/why-waldorf/did-you-know/) Qualifier de « raciste » une pédagogie ayant démontré une telle capacité d’adaptation, d’ouverture culturelle et d’engagement contre le racisme interroge sur le sérieux journalistique de Laure Dasinieres.

Les nombreuses études scientifiques empiriques réalisées sur la pédagogie Steiner-Waldorf révèlent une toute autre réalité que celles décrites par des détracteurs prêts à falsifier la réalité pour obtenir de la visibilité médiatique. : https://www.aether.news/etude-stanford-pedagogie-steiner-waldorf/ + https://www.aether.news/les-ecoles-steiner-waldorf-au-crible-de-la-recherche-en-education/).

Il reste à préciser que cette même journaliste, Laure Dasinieres, a déjà écrit un pamphlet sans fondements sur la Pédagogie Waldorf dans le secteur du curatif alors que ces établissements jouissent d’une excellente réputation dans le milieu, faisant un travail remarquable et reconnu par leurs pairs.

Pour toutes les questions concernant les fondements de la Pédagogie Steiner-Waldorf, la Fédération se tient à la disposition de toute personne – parent, journaliste ou autre – qui souhaiterait obtenir plus de renseignements ou mener une enquête de qualité.


Guy Chaudon, Président de la Fédération