Quand l’université de Stanford
s’intéresse à la Pédagogie
Steiner-Waldorf

Article initialement paru sur le site aether.news

Un institut de recherche de Stanford spécialisé dans l’étude des politiques de l’éducation a publié en 2015 une vaste étude intitulée « Développer une approche inspirée par la pédagogie Steiner-Waldorf dans un district scolaire public ». Cette étude, qui aboutit à un rapport de 139 pages a été financée par le Rudolf Steiner College et impressionne par son ampleur : elle a été menée sur cinq ans et analyse les résultats de plus de 100 000 jeunes. Elle montre que les élèves Steiner-Waldorf obtiennent de meilleurs résultats aux tests étatiques, sont moins stressés, mais aussi plus impliqués dans leur scolarité.


Une étude de cinq ans sur les résultats de 118 000 élèves

L’institut Stanford Centre for Opportunity Policy in Education (SCOPE), a examiné la performance des élèves Steiner-Waldorf dans les examens standards, leur degré d’engagement (plaisir d’apprendre) et les taux de comportements problématiques (entraînant des suspensions) dans le district scolaire unifié de Sacramento. Stanford a utilisé des méthodes quantitatives (statistiques) sur un vaste ensemble de données comprenant plus de 118 000 élèves, soit 23 000 à 24 000 élèves de la 3e à la 8e classe, sur une période de cinq ans.

Résultats scolaires et engagement intérieur supérieurs

Les chercheurs ont constaté des résultats aux examens significativement plus positifs chez les élèves Steiner-Waldorf dans le cadre des résultats aux évaluations d’État, un engagement intérieur accru de la part de ces élèves et des taux de mesures disciplinaires et d’absences nettement plus faibles. En particulier, l’étude souligne que les groupes sociaux qui atteignent les résultats les plus positifs relativement aux autres écoles du district sont les élèves d’origines latino-, afro-américaine et les élèves venant de familles défavorisées au niveau socio-économique.

Comment de tels résultats sont-ils possibles ? Dans sa partie qualitative, l’étude évoque l’engagement de Jonathan Raymond, superviseur des écoles du district de Sacramento entre 2009 et 2013. Lorsqu’il a pris ses fonctions, il ne connaissait pas les écoles Steiner-Waldorf. Voici comment il décrit sa première visite dans un établissement Steiner-Waldorf « Ce que j’ai vu en arrivant dans cette école était adorable… Il y avait un jardin, des bottes en caoutchouc devant la porte, les enfants chantaient. Cela m’a vraiment touché. J’ai visité toutes les salles de classe et j’ai fini par rester deux heures et demie [alors que ses visites pour faire connaissance des écoles du district devaient durer une heure et demi] . J’ai été impressionné par la disposition des salles de classe, le comportement calme des enseignants et des élèves, le comportement respectueux des enfants ; par l’eurythmie, la musique, le violon. C’était une école où les élèves, le personnel et les parents étaient heureux. J’ai beaucoup apprécié cela. » Par la suite, Jonathan Raymond s’engagea non-seulement pour intégrer l’approche Steiner-Waldorf au système scolaire de Sacramento, mais en plus il mis ses propres enfants à l’école Steiner-Waldorf.

Faible taux de stress

Nous souhaitons tous que nos enfants soient heureux mais trop souvent, nous assimilons, dans le cadre scolaire, la douceur à un niveau faible et le bien-être à un obstacle à la performance. Comme le montre cette étude de l’institut de Stanford, c’est incorrect, du moins en ce qui concerne les écoles Steiner-Waldorf, où un meilleur environnement et un faible taux de stress se traduit directement par des enfants qui surpassent leurs pairs, en particulier en mathématiques à partir de la 5e classe.
L’évaluation de Stanford s’appuie également sur les résultats d’une étude publiée dans un journal à comité scientifique sur les écoles Steiner-Waldorf aux États-Unis. Intitulée « Un regard sur les écoles Steiner-Waldorf sur la base de ressources en ligne »1, cette étude a découvert que les élèves Steiner-Waldorf surpassaient considérablement leurs pairs aux examens à la fin de leur cursus intermédiaire (8e classe) malgré le fait que ces élèves n’ont jamais été soumis jusque là à des tests de ce type.

Approche holistique

Dans l’étude, les scientifiques mettent également en exergue la nécessité de corriger la perception erronée selon laquelle l’éducation Steiner-Waldorf serait moins rigoureuse. Cette pédagogie est simplement plus vigilante aux stades de développement des enfants et privilégie une approche plus holistique. Les chercheurs notent également que certaines des compétences acquises, notamment en langues et en musique, ne peuvent pas être comparées à ce qui s’apprend dans les écoles étatiques qui n’enseignent tout simplement pas ces matières de façon systématique.
Les conclusions de cette étude ne sont pas sans rappeler celles de la grande étude de l’université Heinrich Heine de Düsseldorf de 2012, qui concluait que par rapport aux élèves des écoles étatiques, les élèves Steiner-Waldorf apprennent avec plus d’enthousiasme, s’ennuient moins, se sentent plus soutenus individuellement et sont plus à même de développer leurs points forts individuels à l’école.

Notes
  1. « A Look at Waldorf in the Public Sector Using Online Sources », par les docteurs Abigail L. Larrison, Alan J. Daly et Carol VanVooren, publiée dans Current Issues in Education https://cie.asu.edu/ojs/index.php/cieatasu/article/download/807/386