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Les activités manuelles à l’école…

Essentielles à plusieurs titres

Dans une tribune au journal Le Monde, datée du 28 février dernier, Gabrielle Légeret, la présidente de l’association De l’or dans les mains, qui fait intervenir des artisans locaux dans les collèges, déplore la dévalorisation des activités manuelles à l’école au profit des seuls contenus intellectuels. En retissant les liens entre les programmes scolaires et le travail manuel, on gagnerait sur bien des plans.


Susciter des vocations pour des métiers essentiels

Gabrielle Légeret regrette cette supériorité du cérébral qui s’est imposée sur le manuel à plusieurs titres : celle-ci mène à « ne valoriser qu’une seule forme d’intelligence et une seule façon de réussir : celle des études supérieures. » Par effet de ricochet, déplore-t-elle, ce sont des millions de jeunes que l’on prive d’exprimer leurs talents et leur potentiel autrement. Cette situation est d’autant plus regrettable que, comme elle ne manque pas de le souligner, à l’heure où le discours politique insiste sur les enjeux de la relocalisation, « la France a pris un grand retard en matière de vocations et de formations dans le domaine des métiers manuels, ce qui pénalise tout un pan de l’économie. »

Réconcilier les jeunes avec les disciplines intellectuelles

Mais la rupture de ce lien entre les apprentissages et la pratique de la main a aussi une conséquence immédiate sur la scolarité des enfants : « ceux-ci sont privés de la confiance en eux qu’apporte la découverte de ce qu’ils peuvent accomplir, avec leurs mains et avec leur tête, de la possibilité de créer des liens avec d’autres disciplines avec lesquelles ils pourraient être fâchés, et de la possibilité qui serait donnée à leurs enseignants d’aborder certains chapitres de leurs programmes scolaires à travers la pratique et la manipulation ». En évacuant les activités manuelles du programme scolaire, on se prive d’un moyen très efficace de réconcilier certains élèves avec les matières intellectuelles et de leur en démontrer toute l’importance !

L’association « De l’or dans les mains » permet aux collégiens de

tracer les contours du patron de son jean avec une couturière grâce à son cours de géométrie, préparer la composition de sa pâte à céramique grâce à des connaissances issues du cours de sciences et vie de la terre, construire son cadre photo en bois avec un compagnon ébéniste grâce aux mathématiques, monter et démonter un mécanisme de pendule avec un horloger.

Pour une transversalité des apprentissages

Cette transversalité des apprentissages est l’un des piliers de la pédagogie Steiner-Waldorf. Elle est pratiquée quotidiennement au sein des écoles Waldorf. Les activités intellectuelles, manuelles et artistiques y sont mises sur le même plan et les neurosciences sont venues conforter le bénéfice de cette pratique et expliquer comment ces activités se complètent et se renforcent mutuellement.

Cette tribune du Monde illustre à quel point les écoles Waldorf répondent aux enjeux d’aujourd’hui. L’ouverture au travail manuel qu’elles proposent, et qui est toujours liée aux étapes de développement des enfants, intégrée dans le programme, vient renforcer, soutenir, et même aboutir les autres matières, tout en contribuant à l’acquisition d’éléments essentiels, tels que la persévérance, l’adaptabilité, la concentration, le sens de l’esthétique, et la confiance en soi.

Le tricot et le crochet, le modelage, le travail du bois, de la forge, les stages professionnels au Lycée sont autant d’occasions de s’exercer au travail manuel pour les élèves. Les liens tissés entre toutes les matières – intellectuelles, manuelles et artistiques permettent à la fois aux élèves de gagner en confiance et d’explorer toutes leurs potentialités afin de les rendre à même de faire les choix qui leur conviennent le mieux et de s’orienter vers une carrière qui leur apporte l’épanouissement dans leur vie future.