Rumeurs et inexactitudes au sujet des écoles Waldorf dans le Parisien

Le Conseil de Déontologie Journalistique tranche !

Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) a tranché suite à la saisine de M. Nicolas Tavernier, président de l’Association nationale pour la promotion et l’avenir de la pédagogie Steiner-Waldorf (Anpaps), à propos d’un article intitulé « Randonnées sans manger, inhalation de fumées… Que se passe-t-il dans les écoles Steiner-Waldorf d’Alsace ? », publié le 26 juin 2023 sur le site du Parisien. 


Non vérification des informations avant parution, accusations sans preuves, absence d’offre de réplique

Les manquements à l’éthique journalistique relevées par le CDJM au sujet de cet article du Parisien comptent parmi “les plus graves dérives professionnelles” selon la charte d’éthique des journalistes français (1918-1938-2011) . Celle-ci en effet « tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non-vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ».

Cet article du Parisien, auquel la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf avait répondu dans un communiqué, contenait de très nombreuses rumeurs, ainsi que des accusations sans preuves. On y trouvait pêle mêle des affirmations pour le moins fantaisistes, telles que celles relayées entre autres par une conseillère municipale de la ville de Strasbourg qui affirmait que l’école Michaël avait organisé une randonnée sans manger, que les violences envers et entre les élèves de nos écoles étaient courantes, et que les écoles Waldorf avaient refusé de rendre hommage à Samuel Paty. Forts de l’aura apportée par la parution de ces rumeurs dans un journal reconnu, et par le sérieux accordé normalement aux propos d’une élue de la République, les détracteurs de notre pédagogie les avaient ensuite abondamment relayées par sur X (anciennement Twitter). Ce réseau étant une source d’information privilégiée des journalistes, celles-ci ont ensuite été reprises dans d’autres media, dans un cercle de désinformation qui s’auto-alimente et qui nuit gravement à la réputation des établissements de notre réseau.

La description des manquements relevés par le CDJM est pourtant particulièrement consternante :

« à aucun moment, le journaliste du Parisien fait état de ses propres investigations, ou de la moindre vérification de sa part, sur les faits qu’il relate sur la base de propos non recoupés. … Le journaliste se contente de compiler des témoignages à charge, recueillis par lui ou rapportés par des tiers ».

Une saisine “partiellement fondée”

Les détracteurs de notre pédagogie s’indignent des avis du CDJM quand ils sont en notre faveur, dénonçant un “parti-pris”. Pourtant, le Conseil de Déontologie nous paraît faire preuve d’une prudence extrême, puisqu’il a refusé de se prononcer sur les griefs d’inexactitude, de non respect de la vérité, et de non-rectification d’une erreur, au motif que :

« ➔ L’article du Parisien est constitué à base de citations non vérifiées, non recoupées et imprécisément sourcées. Le CDJM ne peut donc se prononcer sur la véracité de ces témoignages ni sur celle des faits rapportés par ces témoignages, sauf à mener lui-même une enquête, ce qui n’est pas son rôle. Il considère donc que le grief d’inexactitude n’est pas établi.

➔ Le grief d’inexactitude et de non-respect de la véracité n’étant pas établi, le CDJM estime que celui de non rectification d’une erreur ne peut l’être en conséquence ».

L’exemple du CDJ belge

Dans sa réaction suite à la parution de cette saisine, l’équipe de l’ANPAPS appelle de ses voeux une évolution du CDJM qui permette un dialogue entre les requérants et les membres du CDJM, ainsi que la possibilité pour les avis du CDJM de devenir contraignants à l’égard des organes de presse qui manqueraient à leurs devoirs, à l’image de ce qui se passe en Belgique avec le CDJ.

En l’état, la possibilité pour les personnes physiques ou morales de pouvoir saisir un organisme indépendant tel que le CDJM est extrêmement précieuse.  Et heureusement, il reste des journalistes indépendants et sérieux, qui s’attachent à fournir un travail de qualité, sans se laisser intimider. Leur travail aussi doit être salué.